Notre blog
À un mois du 1er tour des élections municipales, on croit souvent assister à une compétition, de listes, de slogans et de promesses. En réalité, il se passe bien autre chose : c’est le moment où un territoire se met à parler de lui-même, où il se raconte, se projette, se débat à voix haute.
Rarement, le futur local fait l’objet d’un échange aussi ouvert et à une aussi grande échelle. Et si, avec notre œil de communicant, on ne regardait pas seulement l’élection qui se déroule comme une compétition, mais comme un véritable atelier collectif de mise en récit ?
Territoire rêvé, territoire projeté : les élections donnent à voir des visions, parfois concurrentes, parfois convergentes, de la ville à venir, “ville sûre”, “ville respirable”, “ville accessible”, “ville apaisée”, “ville qui protège”, “ville attractive”…
Ce moment est d’autant plus structurant dans un paysage institutionnel complexe. Entre les communes, les intercommunalités, les métropoles, nous savons tous que le « qui fait quoi » est souvent illisible. Et pourtant, les attentes des habitants sont d’une grande clarté. Les citoyens parlent moins de périmètres administratifs que de leur vie quotidienne : sécurité, transports, propreté, cadre de vie, fiscalité, autant de sujets concrets qui structurent le rapport au territoire vécu.
Preuve de cette appétence, près de sept Français sur dix se déclarent intéressés par la campagne des élections municipales, selon un sondage OpinionWay réalisé début janvier. Parmi les enjeux cités en priorité figurent la sécurité, devant le cadre de vie, l’environnement ou encore le développement économique.
C’est précisément ce que la campagne municipale remet au centre du jeu : le territoire est d’abord une expérience concrète, une manière de se déplacer dans l’espace public, d’y vivre, de s’y loger, de s’y projeter. La campagne reconnecte les politiques à cette expérience vécue, et traduit des compétences parfois abstraites en récits incarnés et ancrés dans le réel.
Chaque campagne municipale fabrique ainsi du symbolique et laisse des traces durables : des mots, des images, des promesses, des controverses. Autant d’éléments qui participent pleinement à la construction de notre imaginaire collectif local. Ainsi, qu’elle débouche sur la continuité ou le changement, l’élection municipale est un moment fondateur de projection pour l’avenir.
À quelques semaines du scrutin, il est donc utile de rappeler que le récit de territoire ne se construit pas uniquement après l’élection. Il s’écrit dès maintenant, dans la campagne, dans les débats, dans l’engagement des citoyens. C’est là que se forgent les représentations, que se dessinent les futurs possibles, que se tisse le lien profond entre les habitants et leur lieu de vie.
Faire campagne, c’est déjà faire territoire. À condition d’en avoir pleinement conscience.